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Clara Morgane : « Je suis libre grâce à mon entreprise »

Publié par le | Mis à jour le
Clara Morgane
© Corentin Mossière
Clara Morgane

Talent, bienveillance et détermination. Voilà, selon Clara Morgane, les ingrédients d'une entreprise à succès ! L' entrepreneure mène de front plusieurs activités depuis son fief à Aix-en-Provence. Portrait d'une femme libre et résiliente.

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Où en êtes-vous dans votre carrière professionnelle aujourd'hui ?

Il y a cinq ans, j'ai entrepris une restructuration complète de mes activités en créant deux entités, spectacle et business. Le pôle spectacle a pris son envol après ma participation dans une pièce de théâtre, Cabaret Canaille. J'ai eu la chance de jouer sous la direction du metteur en scène Nicolas Briançon avec l'ex-pianiste de Barbara, Gérard Daguerre. C'était un projet hybride, mi-théâtre mi-spectacle, qui m'a donné de nombreuses idées pour la suite.

La scène et les spectacles ?

Tout à fait. Juste après cette expérience théâtrale, j'ai été contactée par la direction du Pink Paradise pour un projet qui s'appelait "Le petit cabaret de Clara". Un soir, Eva Partouche m'interpelle, je saisis l'opportunité et j'improvise avec elle un rendez-vous dès le lendemain. La rencontre se scellera par un accord pour une représentation. À la suite de ce premier succès, je signe pour une tournée de 12 dates dans toute la France. On m'a donné ma chance alors que je n'avais pas d'expérience dans le spectacle de cabaret... La preuve qu'il suffit parfois de raconter ses rêves pour que certains y croient et vous aident à les réaliser ! Après Partouche, je signe avec le groupe Barrière et, depuis, l'aventure continue. Artistiquement, je suis comblée. J'invente et je réinvente. C'est une chance immense de pouvoir tester en temps réel toutes ses idées.

Pourtant, vous aviez déjà essayé la musique et la scène ?

J'ai essayé plusieurs choses artistiques dans ma vie : la télévision, les magazines, la musique et la scène. C'est encore grâce à Gérard Daguerre que j'ai pu sortir mon troisième album jazz. Même si j'ai été très heureuse de le faire, j'ai aussi très vite compris que je n'avais pas ma place dans les bacs aux côtés de M Pokora ou Jennifer. Je n'étais pas pleinement moi ni vraiment à ma place. Il a fallu se réinventer...

Pensez-vous avoir enfin trouvé votre place aujourd'hui en tant qu'entrepreneure ?

Oui totalement. Si je n'avais pas ma propre société, je n'aurais pas autant de liberté. Cette liberté de pouvoir tester, créer, se réinventer n'a pas de prix. J'ai eu cruellement besoin de tester de nombreuses choses avant de trouver ma voie. Cela n'a pas été facile. À l'aube de mes 40 ans, j'ai même frôlé le burn-out. Se positionner en tant que femme artiste quarantenaire n'est pas chose aisée. J'ai effectué le travail nécessaire pour pouvoir me produire.

En plus des spectacles, vous avez créé votre propre marque, ClaraMorganeStore ?

En plus du pôle artistique, j'ai un pôle business et commercial. Avec ClaraMorganeStore, je propose une gamme complète de sex toys, et une lingerie unique qui propose une matière extensible et confortable pour toutes les femmes. Sur le site, on trouve également des cosmétiques comestibles. Quant à mon calendrier, édité par les éditions Hugo, il continue de très bien fonctionner avec plus de 100 000 exemplaires vendus chaque année.

Vous avez aujourd'hui officiellement deux structures : PCM et CM Factory. Comment se portent ces différents business économiquement parlant ?

La société mère, PCM, se porte très bien puisqu'elle regroupe mes activités artistiques. S'agissant de CM Factory, qui abrite ClaraMorganeStore, je ne suis pas encore rentable. Cela s'explique par le fait que nous sommes en phase d'investissement et de création.

Je suis à une étape charnière. L'heure du verdict approche.

Vous travaillez avec votre mari, quel rôle tient-il à vos côtés ?

Mon mari est ingénieur du son et compositeur. Nous coproduisons aujourd'hui ma tournée. Il est également le photographe de mon calendrier. Nous travaillons ensemble depuis une dizaine d'années. J'ai l'impression que 2023 sera l'année de la consécration, celle qui récompensera notre travail et notre investissement...

Vous avez quitté Paris pour Aix-en-Provence. Pourquoi ce choix ?

C'est grâce à ma fille si je vis à Aix-en-Provence aujourd'hui. Un jour, alors qu'elle était petite, j'ai failli avoir un accident avec ma poussette à la main et le téléphone dans l'autre. J'ai pris conscience que quelque chose n'allait pas dans ma vie de "Parisienne à 1000 à l'heure". Mon mari et moi avons pris cette décision radicale de changer de vie et je ne le regrette pas.

Et quelle influence sur votre carrière ?

S'agissant de ma carrière professionnelle, je dois avouer avoir beaucoup stressé lors de mon arrivée à Aix-en-Provence. J'avais une grande appréhension pour l'organisation de mes activités professionnelles en étant loin de Paris. Avec le temps, j'ai réussi à mettre en place un mode de vie qui me convient parfaitement. Je me sens mieux et je me découvre beaucoup plus productive. Question organisation, je me déplace une semaine par mois à Paris, puis je suis sur scène tous les week-ends.

Vous êtes aujourd'hui ce que l'on appelle une "mompreneur". Comment conciliez-vous vie professionnelle et vie familiale à la maison ?

En tant qu'entrepreneure, j'ai la possibilité de gérer mon emploi du temps à ma guise, ce qui est très pratique pour une vie de famille. Par exemple, tous les lundis et mardis matin, je fais du sport avec mon mari. Les soirs de semaine, je retrouve ma fille pour l'aider à faire ses devoirs.

Votre carrière dans le X est-elle un atout ou un inconvénient aujourd'hui ?

Toute ma vie, j'ai dû en porter le poids et travailler davantage. Autrefois, j'ai souvent cherché à m'en détourner. Non parce que je n'assume pas ces années, bien au contraire, mais j'étais persuadée que je ne pouvais pas réussir autrement qu'en lissant mon image. Aujourd'hui, j'ai compris que l'on trouve sa place en s'affirmant telle que l'on est.

Il suffit de raconter ses rêves pour que certains y croient.

Cinq ans après #MeToo et à l'heure de la montée en puissance des mouvements féministes, qui dénoncent l'exposition du corps et son exploitation sous toutes ses formes, vous semblez être à contre-courant. Quel regard portez-vous sur ces sujets en tant que femme ?

Je suis en faveur de la liberté. La liberté de ne pas vouloir exposer son corps, mais aussi la liberté de vouloir le faire si tel est notre choix. Je ne comprends pas pourquoi je me limiterais en tant que femme. Ma définition du féminisme, c'est la parité, l'égalité des chances et l'égalité des droits. Dans le même temps, je considère qu'hommes et femmes restent foncièrement différents. Mon couple en est le parfait exemple.

Quelles sont les nouveautés pour 2023 ?

Au-delà de La boutique de l'amour, nous allons sortir une nouvelle version cabaret du spectacle. Nous prévoyons 30 à 40 dates d'ici à la fin mai. Et pour le site de vente en ligne, la fin d'année est une période très importante puisque se succèdent le Black Friday et Noël, suivis par la Saint-Valentin qui est une date clé pour mes activités.

Quels conseils pourriez-vous donner à des personnes qui souhaitent se lancer dans l'entrepreneuriat ?

Je partagerais avec elles ce que j'estime être la recette du succès dans l'entrepreneuriat. Cela tient en trois mots : talent, bienveillance et détermination.


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