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Le vaste programme de la relance économique

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Le vaste programme de la relance économique

Cap "France 2030" : le vendredi 30 juillet 2021, Bruno Le Maire a remis au chef de l'Etat sa note sur le nouveau plan d'investissement. Pour les secteurs jugés prioritaires, l'objectif sera de réorienter la production vers un développement durable tout en prônant la création d'usines et d'emplois.

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L'Insee table sur une croissance de 6% cette année après la récession de 8% subie en 2020. Pour y arriver, le plan de relance de 100 milliards, présenté à la rentrée 2020, a apporté des leviers aux entreprises. Cependant, de l'annonce à l'encaissement des aides, il y a un pas qui a pris du temps avant d'être franchi ! Et surtout, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire se consacre désormais au plan d'investissement voulu par Emmanuel Macron pour bâtir " la France de 2030 ".

Précisés dans une note présentée fin juillet, les montants de ce plan d'investissement sont significatifs : 20 à 30 milliards seront alloués sur quatre ans.

Parmi les secteurs jugés prioritaires figurent l'hydrogène, les voitures électriques, la biotechnologie et l'agroalimentaire. Mais l'Etat ne semble pas en capacité de mettre en oeuvre seul toute la stratégie. " Il peut apporter un financement à un coût plus faible, soit, mais cela ne marchera que si des entreprises répondent présent : Renault, Total, Stellantis travaillent sur les véhicules électriques mais côté hydrogène, à part Air Liquide, on voit mal qui peut se positionner. Idem dans les semi-conducteurs ou le cloud, domaine où la France ne dispose pas d'acteur de poids ", estime Patrick Artus, chef économiste de Natixis. Selon lui, même si les annonces sont intéressantes, la question clé sera la mise en oeuvre : " On ne fabrique pas un champion national avec un simple plan d'investissement ! Tout dépend des modalités et là, ce sont les entreprises qui feront la différence ".

Milliers

Lesquelles d'ailleurs ? Carmat, présenté comme le parangon du génie industriel tricolore, affiche beaucoup de vertus, sauf celle d'adresser un marché massif. Or, si l'on veut réindustrialiser la France, les réussites industrielles et commerciales devront se compter par milliers. " Beaucoup d'entreprises ont envie de prendre le virage du digital, dans tous les secteurs. Nous sommes très sollicités, c'est pourquoi nous avons 200 postes ouverts au recrutement. Tant mieux si les plans de relance poussent à la modernisation ", confie Laurence Dubois, DRH du groupe Prodware, ETI spécialisée dans la transformation digitale.

De son côté, Stéphanie Pauzat, vice-présidente déléguée de la CPME, applaudit la volonté du gouvernement de réindustrialiser, de mettre la souveraineté du pays en exergue. Elle s'inquiète toutefois que les TPE et PME puissent être oubliées. " Les montants minimum des appels à projet étaient souvent supérieurs à 500 000 euros, ce qui excluait les TPE. Pour que les fonds du plan leur profitent, nous réclamons un guichet unique, une instruction rapide des dossiers, des critères d'éligibilité à leur portée. " Elle rappelle l'action de sa confédération qui a milité auprès du gouvernement et l'aurait convaincu de ne pas jouer sur le C3S (contribution sociale de solidarité des sociétés) pour les impôts de production mais sur la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée). " Sinon les TPE-PME n'en auraient pas bénéficié, estime Stéphanie Pauzat. Il faut maintenant alléger la fiscalité locale et sociale car les entreprises françaises sont les plus taxées d'Europe. "

Pour cette responsable, un claquement de doigt ne pourra résoudre des problématiques à l'oeuvre depuis des années comme la désindustrialisation. L'urgence est d'éviter que les investissements soient trop lents à irriguer l'économie. " Au début du plan de relance, cela ne redescendait pas du tout ! " précise la vice-présidente.

Compétences

L'Etat a toutefois ouvert les vannes. Avec son enveloppe de 7 milliards d'euros sur dix ans consacré au secteur de l'hydrogène par exemple, le gouvernement entend créer " des usines et des emplois ". Les grands groupes français d'Air Liquide à Michelin en passant par Faurecia et Plastic Omnium lorgnent cette manne, il faut que le pari selon lequel les grandes entreprises entraînent les PME soit gagnant. C'est vraisemblablement à travers la BPI que les start-up en bénéficieront. De là à penser que cela suffira à réindustrialiser le pays...

Si la France est deux fois moins industrialisée que l'Allemagne, c'est moins à cause de l'argent public, qui ne fait pas défaut, que de la pénurie de compétences. L'enquête Besoins en Main d'OEuvre (Bom) de Pôle Emploi 2021 est d'ailleurs instructive : il manque des compétences dans l'informatique, mais aussi des couvreurs, des soudeurs, etc. Le plan de 15 milliards de la ministre du Travail Elisabeth Borne crée alors beaucoup d'espoirs. Comment former des techniciens ? Comment drainer les étudiants vers les matières scientifiques ? Comment améliorer la qualité de l'université publique ? Les enjeux sont multiples. " Si nous restons dans de l'incantation, nous n'y arriverons pas. Il faut un véritable partenariat avec les entreprises, à instar de ce que font Total, Veolia ou Michelin pour intégrer les jeunes à l'industrie du futur ", assène Patrick Artus.

Campagne

D'un point de vue politique, le plan d'investissement fait partie de l'arsenal du candidat Macron pour la présidentielle de 2022. Force est de constater que cette feuille de route est ambitieuse tellement elle vise d'objectifs. Dans sa volonté de n'oublier personne, elle ressemble de plus en plus à une liste à la Prévert. Le gouvernement a donné la priorité aux projets opérationnels l'année passée, comme la rénovation des bâtiments ou la modernisation des usines, il se focalise désormais sur les projets long terme.

Qui irait contre ces bonnes intentions ? Personne. Sauf que l'étape clé réside dans l'exécution de ces programmes. Les mesures évoquées par Bruno Le Maire, qui doivent être détaillées début septembre, visent à faire émerger les champions de demain. Un défi pour un gouvernement confronté à la reprise post-Covid, une échéance immédiate.

Repères

20

Entre 20 et 30 mds€ : tel est le montant avancé du plan d'investissement présenté fin juillet par Bruno Le Maire. Il vient renforcer les moyens alloués à des filières déjà identifiées dans le plan de relance de 100 mds€ annoncé en 2020.

10

Une dizaine de secteurs seront prioritaires : hydrogène, numérique, biotechnologies, intelligence artificielle ou encore agroalimentaire... Ce dernier doit voir émerger de nouvelles innovations en termes notamment de bio ou de protéines végétales.

4

Certaines technologies sont déjà soutenues par France Relance via le PIA 4, (4ème Programme d'Investissement d'Avenir), dédié à l'enseignement supérieur, à la recherche et à l'innovation. Soit 11 mds€ sur deux ans et 20 mds d'ici à 2025.

2,7

L'enquête BMO de Pôle Emploi (printemps 2021) dénombre 2,7 M de projets et fait état d'intentions d'embauche en hausse de 1,1 % avec 30 000 intentions d'embauche de plus qu'en 2019. La santé représente à elle seule une hausse de 14,8 %.


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