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[Tribune] Y'a pas que les Licornes dans la vie !

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[Tribune] Y'a pas que les Licornes dans la vie !

Alors que la valorisation des start-up est en chute libre et que vous voyons poindre les Grands Licenciements, il est urgent d'alerter sur le fait que la course à la levée de fonds est un risque majeur pour la viabilité des entreprises. Être sous perf n'est pas la seule solution !

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Depuis quelques mois, les start-up manquent de ventoline. Vagues de licenciements fracassantes - Amazon, Twitter, Meta, etc. - ou silencieuses... avec la fin de l'argent facile, on ne compte plus les pépites et les jeunes pousses de la Tech qui trinquent. Gueule de bois avant les fêtes : la hausse des taux et l'incertitude sur le prix de l'énergie ont sonné la fin du "binge equity"... Il souffle un vent à décorner les licornes.

Start-up au bord de la crise de perf

De leurs velléités d'hypercroissance, la majorité des start-up de la French Tech sont soudainement passées en mode Hunger Games. Pour survivre, elles ont changé en catastrophe de paradigme. Et pourtant, de tous les côtés, ça coince... Les start-up qui ont accepté le jeu de la survalorisation vs la rentabilité vivent un lendemain de cuite : avec la remontée des taux et la fin de l'argent pas cher, les VC sont moins pressés de réinvestir dans le prochain round, jouent la montre, les clauses de ratchet, contestent les indicateurs financiers. Même impasse pour les start-up qui se tournent vers la dette, désormais elle aussi difficile d'accès. Ou encore celles qui prient pour un rachat acceptable ou abandonnent leurs grandes ambitions pour se concentrer sur ce qui rapporte un peu de chiffre, en licenciant massivement pour assainir les comptes. Car les licenciements massifs ne suffisent pas à rétablir un EBITDA et une possibilité d'autofinancement, contrairement à ce qui avait été présenté aux fonds quand tout allait bien. Les VC jouent alors sans complexe la carte de la relution (leur accorder plus de parts dans les prochains rounds). Un coup de massue pour les fondateurs...

La fin de "Qui veut gagner des millions ?"

C'est la dure loi de l'économie. Il n'y a pas de miracle. Ni de perpétuelle croissance. Et sans un cycle haussier éternel, il est naturel que les (sur)valorisations se rééquilibrent dans la douleur à la moindre baisse. Créant dans les entreprises, des coups d'accordéon destructeurs de temps, de valeur et d'humanité.

Je m'explique : les start-up qui font des levées record quand tout va bien cherchent le maximum de croissance, et recrutent massivement. Pour 200 recrutements réels, les start-up optent souvent pour 400 et en sortent la moitié en période d'essai car il n'y a pas assez de temps et de managers formés au recrutement pour bien faire. En cas de coup de grisou économique, elles rééquilibrent leurs ratios financiers et virent à tour de bras; Quelques mois plus tard, elles réinvestissent massivement dans l'hypercroissance et réembauchent 500 personnes pour en garder 300.

Peut-on encore choisir ces modèles de croissance violents dans une époque où tout le monde revendique désormais une économie durable. A quel futur nous destinent-t-ils ? Quelle est la responsabilité des entrepreneurs dans le façonnement du monde économique et social de demain?

Marge ou crève

Ma conviction, c'est qu'il est plus sain, économiquement et humainement, de viser la rentabilité pour financer sa croissance plutôt que l'inverse. La rentabilité, c'est de la création de valeur pour tous (clients, salariés, actionnaires) et la promesse d'une santé solide pour l'entreprise.

Sans condamner la levée de fonds comme le mal absolu, le recours systématique à ce type de financement en début de course met à mal une économie déjà fragile, où le château de cartes s'écroule au premier coup de vent du marché - comme en ce moment.

Pourtant, un autre modèle est possible

Celui de la croissance rentable et durable, dans laquelle lever sert uniquement à financer l'investissement sur le futur. Moins glamour, mais assurément plus robuste et responsable. Cela oblige les entreprises et les VC à conserver les pieds sur terre tout en capitalisant sur une ambition forte.

Aujourd'hui, il faut plus que jamais accompagner les changements économiques et sociétaux en transformant la mesure du succès dans l'écosystème européen pour y intégrer l'impact sociétal et humain. On ne peut bâtir l'économie de demain sur une obligation démesurée de résultats et sur un salarié jetable. Ce n'est pas un modèle durable.

Définir en conscience une autre écriture du succès permettrait de créer des fleurons enfin profitables et une économie assainie, solide voire heureuse. Les entrepreneurs ont un rôle actif à jouer pour dessiner les contours de cette nouvelle économie plus éclairée, plus juste et donc plus équitable. Un capitalisme citoyen, durable, où l'on ne gâche ni l'argent, ni les gens.

Pour aller plus loin

Caroline Pailloux, Fondatrice et CEO d'Ignition Program et du Club Bootstrap

Caroline Pailloux crée Ignition Program, le premier programme de recrutement et d'accélération de hauts potentiels entrepreneuriaux en start-up en 2013 et convaincue par le fait que d'autres modèles de développement existent pour les start-up. Elle crée en 2021 le Club Bootstrap, qui questionne le recours systématique à la levée de fonds.

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