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[Interview] Anthony Bourbon veut ouvrir l'investissement à tous

Publié par Julien Ruffet le | Mis à jour le
[Interview] Anthony Bourbon veut ouvrir l'investissement à tous

Anthony Bourbon, fondateur de Feed, a lancé son nouveau projet, Blast Club, mardi 18 octobre 2022. Aux allures de club d'investissement, l'entreprise vise à ouvrir les investissements dans des jeunes start-up au plus grand nombre. 6 000 personnes souhaitaient accéder au service à l'ouverture.

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Qu'est-ce que Blast ?

C'est un club d'investissement où des particuliers vont pouvoir investir à mes côtés dans des start-up. Ces sociétés sont généralement inaccessibles aux particuliers pour plusieurs raisons... Soit il faut investir des tickets minimums qui sont très élevés, de l'ordre de 25 000 ou 50 000 euros. Ou alors, il faut être en contact avec les entrepreneurs qui ne veulent pas faire entrer n'importe qui à leur capital.

La force de Blast, c'est de pouvoir investir à partir de 1 000 euros par levée. C'est-à-dire que des gens avec des moyens limités, par rapport à des business angels classiques, pourront participer à cette verticale. Mais avec d'autres formules, nous nous adressons également à des plus gros business angels qui déploieront jusqu'à 80 000 euros par projet.

Pourquoi êtes-vous seul à sélectionner les start-up ?

Je suis seul actuellement à sélectionner les entreprises, car je fais ce métier de business angel depuis longtemps. J'ai investi au sein de 50 jeunes pousses avec beaucoup de succès pour le moment. Même si les performances du passé ne présagent pas forcément de l'avenir...

J'ai d'ailleurs créé le Blast Club dans un prolongement assez naturel de ce que je faisais jusqu'alors. Cela fait plus de cinq ans que j'investis plusieurs millions chaque année et des gens autour de moi voulaient investir avec moi. J'ai donc voulu industrialiser des levées de fonds, en investissant mes propres fonds et ceux d'une communauté.

Dans ce dessein, nous sommes en train de recruter un directeur d'investissement qui va travailler à mes côtés et sélectionner ces start-up.

Quels sont vos critères de sélection d'une start-up ?

Le premier, c'est le potentiel de scalabilité, donc la croissance et le multiple de chiffre d'affaires futur. Concernant le secteur d'activité, Blast est ouvert à tout. Le point crucial, c'est la qualité de l'équipe fondatrice. Soit, sa résilience, sa détermination, son expérience et son cursus, même si je ne m'arrête pas aux études.

Pourquoi n'avez-vous sélectionné que 500 adhérents pour vous lancer ?

Nous avons ouvert le service qu'à 500 adhérents mardi 18 octobre 2022. Il n'y a pas de chiffre limite à l'avenir. Il y avait près de 6 000 personnes qui voulaient des Pass. Mais nous avons limité, car avec trop de monde, les levées auraient été plus conséquentes et nous aurions perdu la qualité des entreprises, au profit de la quantité...

Les 500 membres permettent de réaliser deux ou trois levées de fonds par mois entre 1 million et 1,5 million d'euros. Lorsque la machine tournera bien et que nous serons rodés, donc avec une équipe complète comprenant des avocats en interne, nous augmenterons le nombre d'adhérents.

Pourquoi est-ce qu'il y a cinq formules d'adhésions différentes ?

Il y a cinq manières d'adhérer au service qui ont toutes des coûts différents. Cela nous permet de savoir quel volume nous allons pouvoir déployer par levées de fonds. C'est donc une manière de s'adresser à des petits porteurs comme à des gros investisseurs. Ainsi, il y a différents tarifs, car pour celui qui va dépenser 300 000 euros dans l'année, il est normal que les frais soient plus élevés.

Mais en fonction de son Pass, nous ne pouvons pas investir les mêmes sommes. Pour investir 80 000 euros par levée de fonds, le ticket d'entrée est de 10 000 euros.

La première formule pour faire partie du club est à 1 000 euros. Est-il possible d'investir ce ticket d'entrée ?

Cette somme est une véritable adhésion. Pour la première formule, il faut donc payer 1 000 euros afin d'accéder au service. Ces fonds ne peuvent donc pas être investis dans une start-up.

Il y a plusieurs raisons à cela. Déjà, cela permet d'impliquer les adhérents et de savoir rapidement combien d'argent les start-up pourront lever. Ensuite, c'est une manière de filtrer les membres. Des profils qui n'en ont pas les moyens et qui ne réalisent pas les risques de ce genre d'investissements seront potentiellement découragés avec ce montant. C'est une barrière psychologique. Mon objectif n'est pas de faire investir tout le monde. Nous recommandons ces investissements des gens qui ont déjà 10 000 euros de côté.

Quel est le modèle économique de Blast ?

Il y a déjà la vente des Pass. En plus de ça, nous avons une part de plus-value (carried) de 20 %.

Les start-up sélectionnées cherchent-elles donc toutes à lever des fonds ?

Je n'ai pas encore sélectionné toutes les start-up, mais il devrait y en avoir 30. Pour le moment je n'en ai que trois ou quatre qui cherchent des financements. Nous proposerons donc les premières levées dans le mois qui vient. Pour les autres, nous ferons des entrées au fur et à mesure. Mais ce sont les start-up qui décideront lorsqu'elles voudront réaliser un tour de table.

Je ne prospecte que des sociétés qui recherchent activement des fonds. D'où la nécessité de sélection de start-up matures. Nous recevons en parallèle près de 300 dossiers de start-up qui nous démarchent chaque semaine afin de faire partie de notre club.

Vous avez fondé Blast avec Samuel Guez, qui a récemment placé en redressement judiciaire sa société, My Jolie Candle. N'est-ce pas un choix risqué ?

Nous avons un binôme qui se complète, car il est très opérationnel en finance et je suis plus axé sur le marketing. Par ailleurs, les meilleurs entrepreneurs sont ceux qui ont déjà échoué, car c'est symbole d'apprentissage. Il a quand même monté My Jolie Candle qui signait près de 10 millions d'euros de CA quatre ans après.

Il a donc déjà entrepris, levé des fonds, et par la suite, eu une activité de business angel. En plus, j'ai été investisseur dans son entreprise et j'ai pu travailler avec lui.

Pourquoi utilisez-vous une blockchain privée dans le cadre de ce projet ?

Nous n'avons pas créé notre propre blockchain, mais plutôt blockchainisé la table de capitalisation. Cela permet d'avoir des échanges rapides et sécurisés tout en évitant de passer par des formulaires papier. Même avec 500 échanges de titres en une journée, tout peut être généré automatiquement.

Comment allez-vous mettre en garde votre communauté des risques de l'investissement en start-up ?

Nous essayons de mettre des messages de rappel dans chaque communication. Nous sommes sur des investissements risqués alors nous recommandons à nos membres d'investir seulement de l'argent dont ils n'ont pas besoin à court terme.

Repères

Blast

Paris Ier

SAS < Fondation en juillet 2022 < 10 collaborateurs

 
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