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L'entrepreneuriat, une cause qui fait consensus

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L'entrepreneuriat, une cause qui fait consensus

Pour stimuler l'entrepreneuriat, les Français plaident pour une simplification des contraintes administratives et une baisse de la fiscalité, selon un sondage Opinionway pour Croissance Plus. Ils estiment par ailleurs que l'Etat doit soutenir les sociétés en leur réservant une part de ses achats de produits et de services.

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Diminuer les impôts supportés par les entreprises permet-il de dynamiser l'activité économique et l'entrepreneuriat? C'est ce que pensent les Français, qui ont été sondés en janvier 2022 par OpinionWay pour Croissance Plus sur leurs attentes en matière d'économie*.

Dans des proportions relativement fortes, les Français estiment en effet que la baisse de la fiscalité sur les entreprises est nécessaire (85%). Pour stimuler l'entrepreneuriat, l'opinion publique mise surtout sur une simplification des contraintes administratives. Il s'agit d'une priorité pour près de 7 personnes sondées sur 10. « Ce sont deux leviers très importants. La fiscalité reste une mesure classique pour dynamiser l'entrepreneuriat. La simplification des contraintes administratives est en revanche une idée nouvelle qui remporte un large plébiscite », rapporte Frédéric Micheau, directeur général adjoint et directeur des études d'opinion au sein d'OpinionWay.

Obliger l'Etat à acheter français

Pour dynamiser l'économie, 82% des français considèrent par ailleurs que l'Etat doit soutenir les sociétés en leur réservant une part de ses achats de produits et de services.

Pour 16% d'entre eux seulement, le gouvernement doit choisir le meilleur rapport qualité/prix, quelle que soit la nationalité de l'entreprise qui lui vend des produits et des services. « Il y a un conflit entre la bonne gestion des deniers publics et le patriotisme économique, ce qui n'est pas nouveau en soi. Cela fait une quinzaine d'années qu'on entend parler du made In France, mais l'idée que l'Etat a un rôle à jouer en matière de soutien à l'économie fait son apparition », commente Frédéric Micheau.

Les attentes de l'opinion publique se focalisent également autour de la baisse du chômage. Les Français font davantage confiance aux entrepreneurs (72%) pour y parvenir et améliorer la situation du pays, qu'aux pouvoirs publics (49%) et aux responsables politiques (30%).

« L'économie, c'est d'abord les entrepreneurs. Ces chiffres sont aussi le reflet d'une mutation du regard des Français sur l'entrepreneuriat », analyse Frédéric Micheau.

Selon le sondage Opinionway pour Croissance Plus, 59% des parents encourageraient leurs enfants à devenir entrepreneurs. « C'est une marque d'évolution. L'entreprise devient attractive, ajoute l'expert. Elle fait l'objet d'une quasi-unanimité alors qu'il y a 20 ans, la fonction publique était plus attirante. »

Vers une réforme de l'administration ?

Il reste à voir comment les candidats à la Présidentielle pourront répondre aux aspirations des Français. Certains ont commencé à apporter des réponses. Le candidat philosophe Gaspard Koenig a notamment souligné les injustices générées par la complexité des lois et de l'administration. Il appelle à une réforme radicale de la gouvernance étatique française, avec pour objectif de réduire « par 100 le nombre de normes », qu'il présente comme « une prison bureaucratique ».

L'enjeu de la fiscalité est par ailleurs au coeur des débats de la campagne présidentielle. Dans une étude sur la compétitivité publiée le mardi 15 février 2022, l'institut d'études économiques Rexecode estime que la France devrait réduire ses impôts de production de 30 milliards d'euros pour ne serait-ce que revenir dans la moyenne de l'Union européenne. Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a plaidé à plusieurs reprises pour une nouvelle réduction de ces charges afin de rendre les sociétés tricolores plus compétitives. « Nous pouvons aller plus loin dans les baisses d'impôts mais dans un quantum que j'ai évalué à 10-15 milliards d'euros », a assuré le ministre. Une telle fourchette serait «raisonnable » si la France veut tenir son calendrier de redressement des finances publiques et ramener le déficit public sous le seuil de 3% du produit intérieur brut en 2027, contre un déficit 2022 estimé à 5%.

Bruno Le Maire n'est pas le seul à envisager une nouvelle diminution des impôts de production. Plusieurs candidats à l'élection présidentielle en ont fait l'un des points clés de leur campagne. Valérie Pécresse et Marine Le Pen ont notamment affirmé qu'elles souhaitent supprimer la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), qui taxe le chiffre d'affaires des sociétés. Eric Zemmour veut baisser le taux d'impôt sur les sociétés à 15 % pour les petites entreprises, les artisans, les commerçants et les agriculteurs. Jean-Luc Mélenchon envisage de son côté d'instaurer un barème d'impôt progressif et de taxer les entreprises ayant profité de la crise sanitaire.

La défense du made in France

Le patriotisme économique, un sujet cher à l'opinion publique depuis la crise sanitaire, fait aussi des émules. Jean-Luc Mélenchon veut instaurer des critères de douanes sur des critères écologiques, tandis que Yannick Jadot milite pour une relocalisation de la production. Valérie Pécresse et Nicolas Dupont-Aignan envisagent respectivement de favoriser la production française en renforçant la « préférence européenne » dans la commande publique, et en réservant 75 % des marchés publics aux fabrications françaises d'ici à 2027.

*Echantillon de 1027 personnes représentatif de la population française, sondé du 5 au 6 janvier 2022.

En chiffres

49%

Près d'un Français sur deux n'a pas confiance dans le système de retraite actuel par répartition pour garantir le maintien du niveau des pensions. Cette défiance s'accentue chez les jeunes de moins de 35 ans.

51%

Plus de la moitié des personnes sondées accepteraient qu'une partie des cotisations retraites soient placées dans les entreprises afin d'améliorer le niveau des pensions. Une vision partagée aussi bien par les jeunes que les plus de 60 ans.

19

Toute entreprise dont le chiffre d'affaires annuel hors taxe est au moins égal à 19 millions d'euros est assujettie à la C3S, également appelée la contribution sociale de solidarité sur les sociétés. Plusieurs candidats veulent supprimer cet impôt, qu'ils estiment 'injuste'.

26

Depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron en 2017, l'Etat a baissé les impôts sur les entreprises de 26 milliards d'euros, dont 10 milliards de taxes liées au chiffre d'affaires ou au nombre de salariés, que les sociétés dégagent ou non un bénéfice.

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