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Sobriété et télétravail : l'alchimie reste à trouver !

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Sobriété et télétravail : l'alchimie reste à trouver !

Rodé au télétravail (post Covid-19), ce mode de travail semble être l'alpha et l'oméga des entreprises pour répondre à l'injonction de sobriété imposée par le Gouvernement pour cet hiver 2023. Mais le compte-y-est-il vraiment ?

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Les impacts induits ont-ils été réellement anticipés ? Quelles autres alternatives sont envisageables ? Chacun doit maintenant faire les bons choix sans impacter l'activité et la rentabilité, qui priment, encore, sur la sobriété.

L'équation télétravail / sobriété est-elle équilibrée ?

Seuls les emplois tertiaires " télétravaillables " sont concernés, mais il ne suffit pas de décréter le télétravail pour que les 10 % d'économies attendues soient au rendez-vous. Il faut un réel plan de bataille pour les concrétiser : fermer des espaces (sites, plateaux) complètement, les fermer en début ou fin de semaine pour profiter de l'inertie du week-end, conserver des espaces ouverts pour accueillir les collaborateurs ne pouvant pas télétravailler, élargir cette réflexion aux prestataires, fournisseurs et clients, qui n'ont peut-être pas les mêmes règles de télétravail, ou encore, imposer la fermeture des locaux lors des vacances.

La 2ème composante de cette équation, c'est le domicile du collaborateur, pour lequel aucune étude argumentée n'a prouvé de façon certaine l'effet positif sur la sobriété. N'est-ce qu'un déport de charges des entreprises vers les foyers ? Nuls chiffres étayés, mais il faut être attentif aux facteurs suivants : faible efficacité du chauffage domestique / GTB (Gestion Technique des bâtiments) dans les sites tertiaires, déport, voire surconsommation électrique (par exemple peu de foyers sont équipés en Led), l'effet en matière de sobriété numérique est-elle aussi inconnue (différentiel entre une réunion physique et un Teams / Zoom avec 10 personnes en vidéo).

Le diable est dans les détails, ...

La limitation induite des transports a-t-elle un impact sur la sobriété ? A priori oui pour les véhicules mais ce n'est pas là que sont recherchées les économies. Concernant les transports en commun, les économies ne seront au rendez-vous que si l'offre de transport est ajustée ce qui n'est pas encore toujours le cas.

Quid des services : restauration, facility management, etc., les adapter est un impératif pour concrétiser la sobriété, et une nécessité pour garantir la rentabilité des prestataires, c'est une démarche lourde à anticiper et qui peut induire des surcoûts contractuels.

Le recours au télétravail devra également être prolongé par-delà l'hiver. Par exemple, dans les Immeubles de Grande Hauteur (IGH), le plus énergivore et coûteux n'est pas de chauffer les locaux, mais de les réfrigérer tout au long de l'année du fait des vitrages en façade.

Cette flexibilité des locaux, n'est possible que pour les entreprises qui ont déjà restructuré leurs espaces en mode Flex ou collaboratifs. Ce qui réduit le volume d'entreprises pouvant effectivement recourir à cette solution.

... et les effets de bord doivent aussi être anticipés

Par-delà les impacts classiques du télétravail, son renforcement, dans un contexte d'explosion des coûts de l'énergie peut se traduire par une remise en cause des clauses contractuelles de télétravail récemment mise en place et notamment de celles liées au " défraiement " qui ne seraient plus financièrement viables pour les collaborateurs. Ce qui nécessite d'impliquer très en amont les Instances Représentatives du Personnel. Les Pouvoirs Publics restent muets sur ce point (une augmentation de 2,5 % étant simplement prévue début 2023)

Mais quid d'une entreprise décidant de fermer les vendredis l'ensemble de ses locaux tertiaires (jour de plus faible affluence avec, par exemple, des taux de présence de 15 à 30 % dans les sièges sociaux de La Défense) ? Quels effets d'image dans l'inconscient des collaborateurs et clients, de cette " pseudo-semaine de 4 jours " ? Ceci est à mettre en regard de la récente législation Belge autorisant la semaine de 4 jours : nos édiles ont-ils anticipé ce mouvement ?

Donnons du sens et de la perspective pour que chacun soit engagé

Le recours au télétravail, n'est donc qu'un des éléments d'une politique de Sobriété qui doit-être construite dans la durée et avec une montée en puissance progressive en regard des échéances 2030 & 2050, et non pas une simple réponse coup de poing ponctuelle. Il faut donner un sens et une cohérence à toutes les actions dont l'efficacité est liée à la praticité et à la complémentarité pour chaque collaborateur, au quotidien. Ainsi, de grands groupes ont organisé un recours plus " directif " au télétravail, et fournissent à chaque collaborateur une polaire (au logo de l'entreprise), lorsqu'ils sont dans les locaux moins chauffés.

La sobriété : c'est maintenant ! Et elle sera encore plus impérative les prochains hivers !

L'hiver 2024 et les suivants ne se concrétiseront pas par un retour " à la normale ", la sobriété est là pour durer, d'autant plus que les objectifs de neutralité carbone fixés pour 2030, puis 2050 vont nécessiter d'aller beaucoup plus loin en termes de sobriété, il est donc de la responsabilité de chaque dirigeant, d'anticiper ces transformations, pour ne pas le subir, et qu'elle devienne contreproductives notamment en matière d'attractivité des jeunes embauchés.

Mais il faut aussi voir la sobriété comme une réelle opportunité pour les dirigeants d'enclencher et d'accélérer les impératives transformations tant du Business, des produits et services, des opérations, que managériales requises pour tenir les ambitieux mais impératifs objectifs de neutralité carbone.

Le Chef d'entreprise doit intégrer et décliner cette nouvelle donne (pérenne)

Le chef d'entreprise doit par ses orientations, décisions et plan d'actions, rendre " lisible" cette étape "liminaire de la transition énergétique " concrète " pour garantir l'engagement de tous les collaborateurs :

  • Se projeter dans la durée pour apporter des réponses immédiates, tout en dessinant une perspective à 2030.
  • Retenir une pluralité d'initiatives complémentaires et cohérentes.
  • Veiller aux équilibres (domicile / bureau), pour éviter des solutions trop hâtives, se traduisant par des transferts de charges sur les salariés (surcoûts d'énergie liés au télétravail, etc.).
  • Anticiper les effets de bord, et les détails cités précédemment en impliquant son Comité de Direction.
  • Mobiliser et accompagner tous les collaborateurs au quotidien, pour concrétiser cette sobriété.
  • Monitorer l'efficacité des mesures prises (effet d'apprentissage).
  • Échanger, avec ses alter ego, pour mettre à profit les initiatives et rex d'autres entreprises.

Cette 1ère étape de transformation " environnementale " touche tous les collaborateurs. Le chef d'entreprise doit s'en emparer du fait des enjeux directs (productivité des collaborateurs) et indirects (image, attractivité, ...), et la conduire en mode projet, dans la durée.

Le recours au télétravail n'est donc qu'un rouage d'un plan plus vaste qu'il faut structurer à l'échelle de l'entreprise, et dont il faut garantir la bonne exécution par la mobilisation de tous les collaborateurs (directement concernés ou non). En communiquant, les impliquants, et ceci, dans un état d'esprit de "confiance".

Pour en savoir plus

Laurent Dequéant

Laurent Dequéant, associé et expert immobilier & RH au sein d'Oresys, société de conseil indépendante créée en 1981, spécialiste du conseil en management, organisation et systèmes d'information.

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