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[Interview] Frédéric et Charles Beigbeder : « L'écologie doit être festive »

Publié par Céline Tridon le | Mis à jour le
[Interview] Frédéric et Charles Beigbeder : « L'écologie doit être festive »

L'un est serial entrepreneur et investisseur, le second écrivain, réalisateur et critique littéraire. Chacun dans leur domaine, le succès leur sourit. Ensemble, ils se sont associés pour créer une marque de vodka, Le Philtre, et défendre des valeurs de protection de l'environnement.

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Le Philtre est une vodka made in France, biologique et écoresponsable, puisque chaque bouteille est réalisée en verre recyclé. Cela signifie-t-il qu'aujourd'hui on ne peut plus entreprendre sans prendre en compte de tels critères ?

Frédéric : Désormais, chaque nouveau produit doit en effet répondre à cette problématique écologique. J'aime bien l'idée qu'on ait une obligation quand on crée une entreprise. Une obligation de faire en sorte que chaque étape de la conception du produit respecte l'environnement. La vodka, c'est la fête. Donc, à travers Le Philtre, nous défendons l'idée que d'être "vert" ne doit plus être ennuyeux. L'écologie doit être festive !

Pourtant, une vodka, c'est aux antipodes de l'écologie, c'est du consommable...

Frédéric : Je crois que l'erreur est là : la consommation et l'écologie sont ennemies. Or, elles ne devraient plus l'être. Les Français ne vont pas renoncer à la consommation, mais ils doivent être "écolos" sinon dans 30 ans, ils ne pourront plus vivre. Dans chaque geste, chaque habitude de la journée, on devrait réfléchir à une manière écologique d'agir. S'amuser en buvant un coup ? Si la bouteille est entièrement en verre recyclé, si ce qui se trouve à l'intérieur est sans additifs chimiques, avec un impact sur l'environnement moindre, si tout est pensé pour nuire le moins possible à l'environnement : tant mieux !

Charles : En utilisant naturellement des produits respectueux de l'environnement, à la fin, on oubliera l'aspect impératif : ce ne sera plus une contrainte.

Comment s'est passée la fabrication ?

Charles : Pour élaborer la recette, nous avons travaillé avec la maison Villevert, basée à Cognac. Nous avons commencé par leur parler de nos critères par téléphone et, quand nous nous sommes rendus chez eux pour la dégustation, ils avaient déjà préparé 60 formules.

Frédéric : Ils ont même fait l'effort de passer au bio ! Aucun de leur produit ne l'était encore, car c'était compliqué (il y a de nombreuses normes à respecter) et ils ont dû changer leur façon de travailler.

En septembre dernier, Le Philtre a réuni 40 créateurs dans un concept store éphémère. S'agit-il de mettre en avant des marques qui partagent les mêmes valeurs ?

Charles : Elles ont été sélectionnées parce qu'elles partagent notre philosophie, en effet. Ce qui n'est pas toujours évident. Par exemple, le coton est une matière qui consomme énormément d'eau et il y a des façons de le produire qui font moins mal que d'autres. Un autre gros problème, ce sont les emballages... Il faut réfléchir à comment améliorer ces pratiques et mettre en avant les entreprises qui ont de bonnes initiatives.

Frédéric : Ces acteurs de l'hédonisme responsable français se sont rassemblés autour d'un même objectif : celui d'un plaisir moins coupable. Le but n'est pas de donner des leçons, mais nous devons tous essayer de trouver des idées pour faire passer le message.

Quel a été le déclic qui vous a poussés à lancer une vodka ?

Frédéric : Nous étions sur la plage de Parlementia à Guéthary, dans le Pays basque. C'est une plage étroite, qui se réduit d'année en année. Or, le sable est notamment utilisé dans la fabrication du verre. Fabriquer du verre blanc revient à utiliser le sable de nos plages et à les condamner. Nous avons donc voulu imaginer une boisson dans une bouteille en verre recyclé, qui n'utilise pas de sable. De quoi faire la fête la conscience tranquille !

L'écologie festive, c'est continuer à vivre comme avant, mais sans abîmer l'environnement.

Charles, pour vous, créer une marque de spiritueux, c'est une nouveauté ?

Charles : En effet, je ne l'avais jamais fait. Mais j'aime entreprendre dans tous les domaines. Il y a trois ans, je me suis même lancé dans la mode, avec Bourrienne Paris X, une entreprise de belles chemises luxueuses. D'ailleurs, si on regarde mon parcours, les activités sont variées : j'ai créé Selftrade, un courtier en ligne, le fournisseur d'énergie Poweo, puis je me suis tourné vers l'industrie financière avec Audacia. Sans oublier une agence de notation.

Et vous Frédéric, s'agit-il de votre première entreprise ?

Frédéric : Oui, mais quand on y réfléchit, écrire un livre c'est comme un produit : unique, compliqué, dont le titre est la seule marque. De même, diriger un film, c'est faire en sorte que 80 personnes, aux compétences très différentes, aillent dans le même sens. Je me suis retrouvé à prendre la parole lors de réunions pour donner des directives. Je suis en quelque sorte un chef d'orchestre, à la tête d'une petite PME.

Comment entreprend-on entre frères ?

Charles : C'est vrai que cette idée, c'est d'abord deux frères... Je suis un serial entrepreneur, Frédéric possède une vraie créativité... Nous voulions faire quelque chose ensemble. Mais c'est aussi un copain, Guillaume Rappeneau. Nous nous sommes divisé le travail assez clairement : Frédéric gère en quelque sorte les RP et le "night clubbing", ainsi que les nouvelles idées. En ce qui me concerne, ce sont les finances, évidemment. Quant à Guillaume, il est le CEO d'Alcool de Luxe et associés, la holding qui commercialise Le Philtre.

Frédéric : Pour bien s'entendre, il faut ajouter un troisième associé. Guillaume est un Casque bleu, un tampon entre nous. À chaque désaccord, nous passons par lui. Il faut savoir, pour travailler avec Charles, qu'il est très autoritaire. S'il n'est pas content, il le dit, mais il ne met pas les formes.(rires) Sans cette troisième personne, nous aurions pu parfois nous vexer.

Pourriez-vous continuer avec d'autres produits, d'autres spiritueux ?

Charles : En tant qu'entrepreneur rationnel, je dirais qu'il faut d'abord réussir le lancement, asseoir la marque, etc. Nous avons passé le cap des 10 000 bouteilles vendues, nous n'en sommes qu'au début. Mais, oui, nous pourrions imaginer une tequila, un gin...

Quels sont vos objectifs ?

Charles : Passer à 100 000 bouteilles vendues ? (rires)

Où peut-on trouver Le Philtre ?

Charles : Nous avons 400 revendeurs (bars, restaurants, traiteurs et épiceries haut de gamme, cavistes, etc.), dans les grandes villes françaises, belges et suisses et à Ibiza également. Nous comptons poursuivre sur notre marché domestique et autour pour planter notre drapeau dans toutes les capitales européennes. Nous ne visons pas un développement qui nous fera référencer dans tous les cavistes d'Europe : il s'agit d'être présent là où est présent notre marché cible prioritaire, c'est-à-dire un urbain au niveau de vie confortable et soucieux des problématiques environnementales.


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