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[Echec et mat] Savoir accepter son erreur

Publié par Céline Tridon le | Mis à jour le
[Echec et mat] Savoir accepter son erreur

Ancien fondateur de la Maison de Savoie, Philibert Chambre a voulu créer un lieu original qui fournit des produits typiques et organise des événements privés. Si l'activité traiteur a cartonné, celle de l'événementiel a essuyé quelques revers, obligeant le trentenaire à déposer le bilan. Mais sa volonté d'entreprendre reste intacte.

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Le contexte

La Savoie à Paris

Ingénieur de formation et diplômé en école de commerce, Philibert Chambre commence sa carrière dans la branche spiritueux de LVMH. La trentaine entamée, il rêve de monter sa propre entreprise. " Avec mon meilleur ami, nous avons eu envie de lancer quelque chose autour de notre région, la Savoie. Nous avons donc imaginé un concept qui la valoriserait à Paris ", se rappelle-t-il.

Ce sont les prémices de la Maison de Savoie, un lieu hybride qui doit allier une activité traiteur/épicerie en direct des producteurs et une partie événementiel. " Nous pensions que ces deux activités seraient complémentaires. Nous prenons alors le temps de sourcer les meilleurs producteurs avec lesquels nous organisons une chaine logistique coopérative. Nous trouvons même un lieu en plein Paris ", énumère Philibert Chambre.

Le projet requiert 500 000 euros de financement, obtenus grâce à des fonds propres et le soutien d'une dizaine d'investisseurs amoureux de la Savoie.

Les deux associés se concoctent même une communauté de fans sur les réseaux sociaux après avoir mené une campagne de crowdfunding. Sur le papier, tout semble sous les meilleurs auspices.

La Maison de Savoie est inaugurée en 2015.

Le fait

Mi-figue mi-raisin

2015 est aussi l'année des attentats : le climat est plutôt morose et le flux de visiteurs est moindre que celui espéré. Pourtant, l'épicerie tourne, portée par des produits haut-de-gamme issus d'un cahier des charges précis. " Assez vite, nous sommes au-dessus du prévisionnel ", assure Philibert Chambre. Pourtant, les entrepreneurs se rendent aussi compte que leur offre de produits reste dépendante d'une certaine saisonnalité. Pire : l'activité événementiel ne prend pas. " La Maison de Savoie est organisée sur trois niveaux et comprend notamment un salon ambiance chalet de montagne, sans pour autant tomber dans le kitch, décrit le cofondateur. Notre objectif est alors de louer l'espace pour des petits groupes, des institutions ou des entreprises qui cherchent à créer un rendez-vous avec une expérience. "

Les quelques contrats conclus ne sont pas honorés et Philibert Chambre passe un temps fou à prospecter d'autres clients. Au bout de deux ans et demi d'exploitation, les associés sont en mesure de payer le loyer, leurs fournisseurs, leurs trois salariés... Mais ils ne se versent aucun salaire. " A ce rythme, nous allions vraiment taper dans le négatif, et ce de manière durable, déplore Philibert Chambre. La moitié de nos actionnaires était prête à poursuivre l'aventure, mais nous, nous n'avions plus la motivation. "

Le rebond

Un vrai apprentissage

L'expert-comptable des deux associés propose de les mettre en relation avec un administrateur judiciaire. " Il nous explique les différentes procédures collectives et surtout nos obligations, comme par exemple celle de déclarer la cessation des paiement. Nous ne savions pas que nous étions en plein dedans ! Nous avons dû accepter que notre projet ne pourrait pas fonctionner et nous avons demandé la liquidation judiciaire ", raconte Philibert Chambre.

Pour lui, c'est presque une chance : " Bien sûr, il y a une part d'humiliation, mais nous avons persévéré, tout en sachant nous arrêter à temps. Nous avons pris nos responsabilités, sans faire d'erreur de gestion. Ainsi, la liquidation s'est passée proprement. " Pour l'entrepreneur, cet épisode est un véritable apprentissage.

Depuis...

Un mentor

Il le dit volontiers : " Je vis très bien cet échec et je me nourris encore de cet événement. "

Après la Maison de Savoie, Philibert Chambre s'est tourné vers une activité d'indépendant : il devient consultant sur qu'il sait faire de mieux, à savoir le marketing dans le secteur cuisine/agroalimentaire. Il crée même, avec un ancien collègue de LVMH, un podcast dédié, Business of Bouffe.

Mais des divergences quant à la suite de l'aventure l'obligent à reprendre ses activités de consultant en solo. Il propose aussi de partager son expérience lors de sessions de mentorat et accompagne de jeunes entreprises " food " dont il croit au concept. Philibert Chambre est catégorique : " A terme, je veux entreprendre à nouveau, plus qu'en étant freelance en tout cas. " Pour l'instant, il réfléchit encore au projet qui le boostera.

Son conseil

" Il faut aller au bout de son projet, être persévérant. Peu d'entrepreneurs ont la chance de voir leur idée se concrétiser un jour car, quand on émet des hypothèses sur des éléments qu'on ne maitrise pas concrètement, il y a 95 % de probabilités que les choses ne se passent pas comme prévues. C'est pourquoi il faut aussi accepter l'échec, qui ne doit plus être un tabou. "


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