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Ils ont quitté le salariat pour L'ENTREPRENEURIAT

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Besoin de changement, de liberté... Certaines personnes décident, un beau jour, de quitter le confort du salariat pour créer leur entreprise. Récits.

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@ FOTOLIA/ANNA KHOMULO

« Je me sentais à l'étroit dans mon poste de directeur commercial. Au bout de six ans, j'en avais fait le tour.» Rémi Roux, 44 ans, a négocié un licenciement de la société Andros, en 2002, pour monter Ethiquable, une entreprise coopérative qui propose une gamme de produits du commerce équitable. «On ne parlait plus que prix, marketing. Je ressentais le besoin de retourner à des valeurs fondamentales, à l'humanité d'une petite structure.» Cette petite société où il fait bon vivre, Rémi Roux va la créer lui-même. Pourquoi? «Certains salariés recherchent plus d'autonomie et moins de pression», commente Daniela Merli, consultante en création d'entreprise au sein du cabinet de ressources humaines Right Management. Accompagné de deux associés aux profils complémentaires - qui ont également quitté le salariat -, Rémi Roux a bâti une société qui emploie aujourd'hui 74 salariés et génère un chiffre d'affaires de 18 millions d'euros. Une réussite liée notamment aux compétences variées du trio. «Mes connaissances en gestion et en agronomie étaient trop limitées: j'aurais été incapable de bâtir puis de gérer seul Ethiquable», reconnaît, a posteriori, le chef d'entreprise, qui se repose donc sur ses deux associés pour ces domaines.

DANIELA MERLI, consultante chez Right Management

Créer son entreprise demande du temps. Cette réflexion se fait souvent au détriment des loisirs familiaux.

Bien s'entourer. «Etre conscient de ses limites professionnelles, voilà l'un des gages de succès», analyse Monique Coiffard, directrice du département essaimage et création d'Altedia, groupe de conseil en management. L'experte conseille aux entrepreneurs qu'elle accompagne de s'entourer, dès le début du processus de création, d'un expert-comptable et d'un avocat, voire d'un cabinet de conseil. Autre recommandation: accepter de se former. «Souvent, les personnes qui nourrissent une envie d'entreprendre profitent de la restructuration de leur entreprise», indique Daniela Merli (Right Management). Deux raisons à cela. D'une part, elles profitent de leurs indemnités pour monter leur projet. D'autre part, il n'est pas rare qu'elles bénéficient d'un effort de formation consenti par leur ancien employeur dans le cadre du plan de départs volontaires. Ces ex-salariés tombés dans l'entrepreneuriat à la suite d'un licenciement, Monique Coiffard (Altedia) en rencontre souvent: «Rares sont ceux qui se lancent dans un secteur totalement inconnu, décrit-elle. Certains veulent faire de leur passion leur source de revenus. Leur réseau est construit, l'activité maîtrisée. D'autres souhaitent exercer pour leur propre compte leur métier antérieur

C'est le cas d'El Houssine Assouel, gérant de l'agence de voyages Asfar Monde. En 2007, après 20 ans à gravir les échelons dans une compagnie aérienne, le quadragénaire décide de profiter de son carnet d'adresses et de ses connaissances du secteur. Rentable dès le deuxième exercice, sa TPE emploie déjà cinq salariés. Le salaire actuel du dirigeant est équivalent à celui qu'il touchait en tant que salarié. «Le goût d'entre- prendre a pris le dessus sur le confort du salariat», explique El Houssine Assouel, qui avoue toutefois qu'il ne se serait pas lancé si son épouse ne jouissait pas d'un «bon poste». Car, évidemment, la famille a son rôle à jouer, et pas seulement en termes d'appui financier. «Sans son adhésion au projet, ou au moins sa neutralité bienveillante, les chances de réussite s'amenuisent considérablement», confirme Monique Coiffard (Altedia). C'est d'autant plus vrai que la création d'entreprise est un processus qui se mûrit et prend du temps au détriment des loisirs familiaux. «Pour autant, il ne s'agit surtout pas de se précipiter», recommande Daniela Merli (Right Management). Quel est mon marché, comment vais-je m'y positionner, qui sont mes concurrents, comment vais-je financer mes recrutements, quel salaire vais-je pouvoir me verser? Voilà les questions qu'il faut impérativement se poser avant de se jeter à l'eau. Faute de quoi, c'est la défaillance qui menace.

@ FOTOLIA/ANNA KHOMULO

REMI ROUX, dirigeant d'Ethiquable

« Créer ma propre entreprise m'a permis de retrouver l'humanité qu'implique une petite structure.»

@ FOTOLIA/IOANNIS KOUNADEAS

EN CHIFFRES
L'âge moyen des créateurs est de 38 ans et demi

- Parmi les créateurs ayant eu un parcours antérieur de salarié, 26% étaient cadres, 31% employés, 16% ouvriers. Si la proportion d'employés en 2006 reste identique à celle de 2002 (année de l'enquête précédente), les ouvriers sont moins représentés (- 4 points), tandis que les cadres sont nettement plus nombreux (+ 10 points).
- Quatre entreprises sur cinq ne génèrent qu'un seul emploi, celui de l'entrepreneur.
- La moitié des entrepreneurs ont monté leur projet avec l'aide d'une structure dédiée ou d'un spécialiste. Un tiers des entrepreneurs ont suivi une formation pour réaliser leur projet.
- Près d'un quart des nouveaux projets sont financés par emprunt bancaire.
- Les trois quarts des nouveaux entrepreneurs dirigent seuls leur affaire.
- 30% des créateurs sont des femmes.
- L'âge moyen des entrepreneurs est de 38,5 ans.
Source: Insee, 2006

TEMOIGNAGE
Je suis devenu le concurrent direct de mon ancien employeur; CHRISTOPHE LANDAIS, cogérant de Titok

Si une partie des skippers du Vendée Globe ont pu se régaler durant leur périple, c'est grâce à lui. Christophe Landais, 43 ans, est le créateur de Titok, une petite affaire de plats lyophilisés qui a le vent en poupe. L'histoire de cette PME vendéenne débute en 1996. Commercial dans une entreprise de distribution de produits culinaires, le jeune homme sillonne le département pour rencontrer ses clients, surtout des collectivités locales. Cuisinier de formation, il excelle dans l'art de défendre les qualités gustatives de ses produits. Pendant trois ans, son portefeuille clients grossit, tout comme son intérêt pour les plats lyophilisés. A 30 ans, il décide de se lancer. «J'étais confiant: je connaissais tous les acteurs du secteur, avec lesquels mon relationnel était très bon», confie Christophe Landais. Conscient de ses lacunes, le dirigeant s'entoure dès les premiers mois d'un expert-comptable et d'un avocat. Il assure son financement par un prêt bancaire. Et contacte ses anciens clients, qui quittent alors leur fournisseur pour lui. Son épouse assure l'administratif. Un commercial est recruté, puis deux, puis trois. Aujourd'hui, Titok emploie 20 salariés. «Recrutement et management ne m'ont jamais posé de problème: mon expérience de chef de brigade en cuisine m'a servi.» En 2002, le dirigeant se dote d'un laboratoire de R&D. Une manière, pour cet ancien cuisinier, de concevoir à nouveau des recettes.


TITOK Repères
- ACTIVITE : Fabrication de produits alimentaires
- VILLE : Olonne-sur-Mer (Vendée)
- FORME JURIDIQUE: SARL
- DIRIGEANTS : Christophe et Nathalie Landais, 43 et 40 ans
- ANNEE DE CREATION: 1996
- EFFECTIF : 20 salariés
- CA 2008: 3,5 M Euros
- RESULTAT NET 2008: 140 kEuros

Les plats lyophilisés Titok ont le vent en poupe. Ils étaient notamment distribués sur le Vendée Globe.

 
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Gaelle JOUANNE

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