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[Inspiration] Jean Michel Karam, le roi des crises

Publié par Julien Ruffet le - mis à jour à
Jean michel Karam
Jean michel Karam

Memscap entre en bourse en 2001, soit quatre ans après sa création... La même année, une crise financière éclate et Jean Michel Karam, son fondateur, pense assister au déclin de son entreprise. Parvenant à vivifier son activité, il sort indemne 20 ans plus tard de sa troisième crise.

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Le contexte : Entrer en bourse en quatre ans

Durant 24 ans, Memscap a bondi d'une crise à l'autre... En 1997, Jean Michel Karam obtient un doctorat en microélectronique à l'institut polytechnique de Grenoble. "Dans la foulée, je me suis rendu compte que le marché des MEMS (microsystèmes électromécaniques, N.D.L.R.) était porté par celui de la communication optique. Et vu son ébullition, je m'y suis implanté en créant ma première entreprise, Memscap", retrace-t-il. Alors que le secteur des télécommunications, passe du signal électrique au signal optique, Memscap se spécialise dans les convertisseurs, d'un signal à l'autre.

Tentant ainsi de multiplier la vitesse de conversion. "Ensuite, les levées se sont succédées, explique le chef d'entreprise. 2 millions d'euros en 1998, 11 millions d'euros en 2000 et 101 millions en 2001 ! Entre 1998 et 2001, la valorisation de la société était passée de 10 000 euros à 430 millions d'euros". De son côté, le chiffre d'affaires augmentait lui aussi de manière exponentielle, atteignant 17,1 millions d'euros en 2001. Cette année signait, d'ailleurs, l'entrée en bourse de l'entreprise, en même temps qu'Orange.

Le fait : Perdre (presque) toutes ses commandes

"En 2002, nous pensions réaliser un chiffre d'affaires de 40 millions d'euros. L'entreprise comptabilisait 72 millions d'euros de commandes et c'était suffisant pour atteindre ces projections", remarque-t-il. Hélas, en 2001, le marché de la fibre optique décline avec l'éclatement de la bulle internet. Malgré tout, l'activité de Memscap ne désempli pas, alors que les acteurs de la fibre optique chutent les uns après les autres. "Mais en dix jours, tout a basculé. Nos clients ont commencé à déposer le bilan. Le plus gros d'entre eux, l'Américain ADC Telecom, a commencé à licencier sa division optique de 5 000 personnes, se remémore l'entrepreneur. Tandis que j'essayais de les joindre, c'est leur avocat qui m'a répondu, m'annonçant qu'ils annulaient leurs commandes". Celles de Memscap ont alors chuté à 0,8 million d'euros. "Au regard de la vitesse de l'effondrement, je me suis dit que c'était certainement la crise la plus difficile que je traverserais dans ma vie", affirmait, pragmatique, le fondateur à l'époque. Si les analystes financiers considéraient que la régression ne durerait qu'un semestre, Jean-Michel Karam en a douté.

Le rebond : Chercher des financements

"Afin de s'en sortir, j'ai envisagé la diversification, pensant que notre technologie pouvait aller ailleurs", se rappelle le Pdg. Le problème ? Pour développer un produit de ce type, trois ans étaient nécessaires. Afin d'accélérer la mise sur le marché, Memscap s'est lancée alors dans le rachat d'usines. "Nous avons racheté Capto, une entreprise spécialisée dans le metical en 2002 pour 10 millions d'euros. Cela nous permettait d'avoir des produits et de rivaliser avec le marché boursier, détaille-t-il. Nous avons ensuite acheté Cronos pour 10 millions d'euros". Si Memscap valait 430 millions d'euros avant la crise, elle s'était effondrée à 40 millions en 2002.

Pour pérenniser la trésorerie, la société a réduit les 42 millions de dépenses annuelles à 12,5 millions d'euros. "90 % de mes managers ont craqué et nous sommes passés de 269 salariés à 100 en 2003", confie-t-il. Afin de traverser l'année, l'entreprise avait besoin de fonds. Elle s'est alors tournée vers des entreprises concurrentes qui avaient coulé pendant la crise.

"Entre 1998 et 2001, la valorisation de la société était passée de 10 000 euros à 430 millions d'euros", Jean Michel Karam

Depuis... Savoir traverser les crises

En 2004, le désendettement de l'entreprise a débuté, pour se terminer en octobre 2006. "La valorisation minimale a été atteinte en 2004 avec 5 millions d'euros. En 2008, elle a atteint 125 millions d'euros", explique-t-il.

En 2009, alors une qu'une nouvelle crise financière éclate, Memscap réduit ses coûts et parvient à minimiser ses pertes. "Nous n'avons perdu qu'un million d'euros. En 2013, nous avons à nouveau levé des fonds afin de faire passer la trésorerie dans le positif", ajoute-t-il. En 2020, intervient la pandémie. "Le début a été difficile, car nous faisions 50 % du chiffre d'affaires dans les avions et il ne décollait pas. Mais grâce au secteur médical qui a gagné 103 %, nous n'avons pas perdu d'argent, au contraire..." annonce l'entrepreneur. Aujourd'hui l'entreprise partage son activité sur la bionique (50 %), ou elle installe ses capteurs dans des avions notamment, le médical (30 %) et enfin la communication optique (20 %) qui est, à l'origine, sa principale activité.

"Pour s'en sortir, nous avons envisagé la diversification, pensant que notre technologie pouvait aller ailleurs".


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