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Cinq pistes pour détendre les relations entre les TPE et les banques

Publié par Mallory Lalanne le | Mis à jour le

Jeanne-Marie Prost, présidente de l'Observatoire du financement des entreprises, a remis son rapport formulant cinq propositions pour détendre les relations entre les conseillers bancaires et les dirigeants. Et ainsi améliorer la visibilité financière des TPE.

Les relations entre les TPE et leurs conseillers bancaires n'ont pas toujours été au beau fixe. Le rapport sur le financement des TPE, demandé par le ministre de l'Économie et des Finances en novembre dernier et publié par l'Observatoire du financement le 27 juin 2014, vient enfoncer le clou.

Présidé par Jeanne-Marie Prost, par ailleurs médiatrice nationale du crédit, l'Observatoire estime en premier lieu que la relation entre les dirigeants TPE et leurs chargés de clientèle doit pouvoir être améliorée. Il propose que les banques se mobilisent pour l'extension de certaines bonnes pratiques. Les chefs d'entreprise étant naturellement frustrés par les refus de crédits quand ils n'en comprennent pas bien les raisons, l'Observatoire propose que les directeurs d'agence des banques accordent systématiquement, en cas de refus de crédit, un entretien au chef d'entreprise s'il en fait la demande.

Pour limiter le plus possible cette frustration, l'Observatoire du financement des entreprises propose en second lieu que les banques s'engagent à donner leur réponse dans un délai de 15 jours maximum à toutes les demandes d'ouverture ou de renouvèlement de crédit, dès lors que le dossier est complet.

Des produits adaptés aux besoins des TPE

L'Observatoire recommande également aux établissements de crédits de veiller à ce que les chargés de clientèle TPE soient en capacité de proposer aux petites entreprises des produits de financement qui conviennent le mieux à leurs besoins. Le rapport montre en effet que les TPE financent largement leurs besoins de trésorerie par des découverts. Ils présentent une flexibilité et une facilité de mise en oeuvre qui convient bien aux établissements bancaires et dans de nombreux cas également aux chefs d'entreprise, mais s'avèrent souvent plus onéreux que les crédits échéancés.

Une part croissante des TPE finance également son besoin de fonds de roulement par de l'affacturage. L'Observatoire considère cependant que ce service, au coût plus élevé, est loin d'être adapté à toutes les petites structures.

"Près de 30% des TPE souffrent d'un manque de trésorerie, leurs données de bilan faisant état d'un niveau de trésorerie quasi-nul, quelle que soit la taille de la TPE. Ces résultats sont cohérents avec l'enquête ISM-DGCIS qui montre que 21% des dirigeants d'entreprises artisanales font face à des problèmes de trésorerie", souligne le rapport.

Un banquier fixe pendant quatre ans

Quatrième constat: le rapport dévoile que les chefs d'entreprises vivent mal le fait de changer souvent d'interlocuteur au sein de l'agence. Dans ces conditions, l'Observatoire propose que les réseaux se donnent un objectif de quatre ans sur un même poste pour un chargé de clientèle TPE.

L'Observatoire demande enfin aux différents réseaux d'inscrire systématiquement dans les lettres de dénonciation la possibilité de recourir à la Médiation du crédit aux entreprises. Cette instance n'est en effet pas connue de toutes les TPE. Plus globalement, les dispositifs de soutien des chambres consulaires et des réseaux associatifs demeurent encore insuffisamment identifiés par les dirigeants. Seule une minorité bénéficie de leurs services. Selon le rapport, seulement 28% des TPE créées en 2010 ont eu recours à un accompagnement. Des prestations qui vont pourtant de pair avec une amélioration de la pérennité des entreprises.

Pour s'assurer que le gouvernement fera bon usage de ce rapport, l'Observatoire se propose de revenir sur l'épineux sujet du financement des TPE dans un délai de deux ans.

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