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Quels sont les incontournables pour financer une start-up ?

Publié par Raymond Dorge, GMBA le | Mis à jour le

Optimisation des fonds propres, réalisation d'une levée de fonds, contraction d'un emprunt bancaire, demande de subventions, assurances prospection... De nombreuses méthodes existent pour financer la création ainsi que le développement d'une start-up. Mais quelles sources de financement privilégier ?

La très grande majorité des entrepreneurs financent le lancement de leur entreprise avec un apport personnel ou l'aide de leur entourage très proche (famille, amis...). Mais les start-up, qui se distinguent par rapport aux " entreprises traditionnelles " par la très forte volatilité de leurs actifs, de leurs revenus, mais également de leur business model, doivent trouver d'autres sources de financement. Il s'agit de faire face à des cycles d'importants besoins en investissements R&D et à l'absence totale de chiffre d'affaires.

La levée de fonds, l'outil indispensable

En sus des apports personnels, les start-up peuvent bénéficier d'un certain nombre de subventions de l'Etat au démarrage de leur activité, à l'image des concours I LAB ou de la " Bourse French Tech ", réservée aux structures de moins d'un an. Elle permet de financer jusqu'à 30 000 euros de prestations externes liées à la faisabilité d'un projet ou encore. Mais une fois ces subventions épuisées, ces start-up se trouvent rapidement dans l'obligation de diversifier leurs leviers de financement, en faisant notamment appel à des investisseurs extérieurs. A ce titre, la levée de fonds est l'un des moyens privilégiés des start-up : au premier trimestre 2021, les jeunes pousses tricolores ont levé un montant record d'1,45 milliard d'euros* en dépit de la crise.

Lors d'un premier apport en capital, appelé également " capital amorçage ", plusieurs investisseurs peuvent participer au tour de table : les proches (la " love money "), les " business angels " (personnes physiques aguerries, ayant déjà eu une expérience réussie dans une première entreprise), ou encore les " capital risker " (personnes physiques qui vont investir dans des projets à risques élevés). L'arrivée de ces investisseurs extérieurs n'est pas anodine pour les associés fondateurs : elle présente l'inconvénient de proposer un financement dilutif à l'entreprise. Les visions divergentes peuvent aussi induire un certain nombre de lourdeurs et blocages dans la bonne gestion de l'entreprise (chaines de validation, demandes de reporting...).

Le choix de l'investisseur est donc particulièrement important lors d'une levée de fonds. Durant la " phase d'approche ", le réseau des fondateurs est primordial : incubateurs et fonds d'investissements constituent des aides et des leviers de financement à ne pas négliger. Pour les convaincre, il est primordial de bien se préparer en amont. Deux documents sont incontournables : l'executive summary (document très bref exposant la pertinence et les perspectives de croissance du projet) et le business plan (prévisionnel à 5 ou 10 ans).

Il est à noter que le " closing " ne constitue pas la fin du marathon des levées de fonds. Au regard de l'importance de se projeter sur de nouveaux projets, il est recommandé d'enclencher un " effet de levier " dès le premier financement (nouvelle levée de fonds, demande de prêts bancaires...).

Enfin, il est à noter qu'un certain nombre de dispositifs alternatifs de financement tendent à émerger ces dernières années : le " crowdfunding ", ou financement participatif, en plein essor dans l'économie sociale et solidaire (ESS) ou le système de " préventes ", qui permet de constituer des fonds grâce à la prévente de produits à prix minime.

Le prêt et le crédit bancaire comme effet de levier

Pour financer son démarrage ou abonder une levée de fonds, une start-up peut également contracter un emprunt bancaire. Si le prêt bancaire présente l'avantage de ne pas diluer l'entreprise, de nombreuses start-up rencontrent toutefois des difficultés pour obtenir un financement en raison de projets jugés " trop ambitieux " ou ne réunissant pas un niveau de fonds propre suffisant. Face à la frilosité des banques, trouver des ressources complémentaires, comme l'obtention d'un prêt d'honneur sans intérêts ni garanties pour renforcer ses fonds propres, ou la constitution d'un pool bancaire pour partager les risques liés au financement d'un projet, peut être une solution.

Des dispositifs de soutien complémentaires

Des dispositifs de soutien existent pour accompagner le développement de start-up. A l'image du statut de " jeune entreprise innovante " qui permet aux entreprises innovantes de bénéficier de nombreuses exonérations sociales et fiscales sur une période limitée. Le crédit d'impôt recherche (CIR) et le crédit d'impôt innovation (CII) s'avèrent également des dispositifs particulièrement précieux pour financer les projets de R&D et d'innovation. Face à la diversité des solutions de financement, il est également vivement conseillé de prendre contact avec Bpifrance, qui propose de nombreuses aides, garanties et opportunités de co-financement. Il convient également de ne pas négliger les dispositifs locaux, variables selon les régions et agglomérations, les aides sectorielles ou encore les dispositifs européens ainsi que les assurances prospection.

Enfin, certaines mesures de soutien spécifiques ont émergé durant la crise pour pallier les difficultés rencontrées par les start-up, à l'image du French Tech Bridge qui permettait de financer des bridges ou encore le Prêt Garanti par l'Etat - Soutien Innovation qui permettait de soutenir les besoins de trésorerie liés à la situation conjoncturelle.

A ce jour, il existe aussi " l'aide " French Tech Seed financée par le Programme d'Investissement d'Avenir. Cette " aide " d'un montant sous forme d'obligations convertibles vient en complément d'une levée de fonds.

Pour en savoir plus

Raymond Dorge est président du cabinet de conseil, d'audit et d'expertise fiscale, comptable et sociale GMBA. Il accompagne quotidiennement les entrepreneurs innovants dans le lancement et le développement de leur activité (gestion du CIR, du statut JEI, traitement des subventions, production immobilisée...).



*Etude du cabinet Avolta Partners


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