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[Interview] Ludovic de Jouvancourt (Prello) : "Gérer une résidence secondaire est une aberration économique"

Publié par Julien Ruffet le - mis à jour à

Prello annonce jeudi 3 février 2021 une levée de 13 millions d'euros. La start-up spécialisée dans l'achat en copropriété de résidences secondaires se lance dans le recrutement, le développement de son catalogue et d'une nouvelle offre. Son cofondateur, Ludovic de Jouvancourt, partage ses projets.

Comment est né Prello ?

Avec mon associé, Sébastien Gal (à gauche sur la photo), nous avons voulu développer une start-up immobilière en se concentrant sur l'accessibilité. La problématique ? Permettre à un public de devenir facilement propriétaire.

Au regard du marché, nous nous sommes axés sur la résidence secondaire. Celle-ci représente 10 % des transactions immobilières globales chaque année en France. En plus, c'est un actif qui se prête à la division de temps et au co-achat. Grâce à cela, une personne qui a un budget de 125 000 euros va se retrouver dans une propriété à un million d'euros si elle n'en achète que 1/8e de la propriété.

Prello a alors vu le jour en août 2021 avec une levée de fonds de 2 millions d'euros. Ces derniers ont permis de développer notre plateforme pour calibrer l'expérience utilisateur. Nous avons également investi dans le marketing et le recrutement.

Vous annoncez jeudi 3 février 2021 une levée de 13 millions d'euros, seulement 6 mois après le lancement de Prello. Que doit-elle permettre ?

Déjà, nous allons accélérer la couverture nationale, passant d'une trentaine de propriétés sur notre site à beaucoup plus. Pour ce faire, nous investirons dans le marketing. Prello s'étendra aussi à d'autres marchés européens et surtout en Espagne d'ici fin 2022. Le pays offre des prix immobiliers attractifs et les clients en sont friands. Nous recruterons également une centaine de collaborateurs en 2022, notamment des profils digitaux.


Vous annoncez avoir séduit les investisseurs en répondant à une "aberration économique". Qu'est-ce que cela veut dire ?

En moyenne, un Français passe 36 jours par an dans sa résidence secondaire. Par contre, lorsqu'il en fait l'acquisition, il l'achète et en assume les frais d'entretien et de gestion seul, pour l'occuper 1/8e du temps. Ce constat constitue une aberration économique. Nous avons tenté de rééquilibrer l'équation de la résidence secondaire en permettant à des gens d'avoir un bien plus grand pour un budget serré.

Quel est votre modèle économique ?

Nous avons 3 entrées d'argent. Lorsque nous achetons, rénovons et meublons les biens en les revendant en parts, nous prenons une valorisation de 8 % sur la valeur globale de l'actif. Ensuite, nous prenons 99 euros par mois par copropriétaire pour coordonner la gestion du bien.

Enfin, les nuitées qui ne sont pas occupées par les copropriétaires sont sous-louées en location saisonnière. Cela constitue un revenu pour les copropriétaires et nous prenons 8 % sur ces mises en location. Notons que la sous-location est facultative pour les copropriétaires.

Avez-vous d'autres projets à terme ?

Nous sommes en train de lancer une offre de gestion de résidence secondaire pour les monopropriétaires. Lorsqu'on a une maison en Normandie, on a cette problématique de faire venir des prestataires pour l'entretien. Cela prend du temps, alors nous voulons proposer notre expertise à un public qui détient seul une résidence secondaire.

Repères

Cofondateurs : Ludovic de Jouvancourt (33 ans) et Sébastien Gal (31 ans)

Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis)

SAS > Création en août 2021 > 25 salariés

CA 2021 : NC