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Orijns, la start-up qui a la fibre française

Publié par Benjamin Edgard le | Mis à jour le

Fabriquer des vêtements français, un casse-tête relevé par la jeune marque Orijns : ses polos, chemises et autres sweats sont le fruit d'un savoir-faire artisanal et local. Parcours de Blandine Berjot et Bruno Louis, le tandem à l'origine de ce projet.

Sur l'étiquette de tous les pulls, chemises, sweats, polos et t-shirts de la marque Orijns la mention "fabriqué en France". Le made in France est en effet une valeur fondatrice pour les créateurs de la start-up : Blandine Berjot et Bruno Louis. Pourtant, rien ne prédestinait ces deux acolytes à redorer le blason du textile français. Elle, coordinatrice de projets marketing/commercial dans une grande maison de disques ; lui, graphiste et ancien photographe professionnel. "À la suite d'un plan de licenciement, j'ai proposé à Bruno de créer une entreprise où les vêtements seraient 100 % français sans pour autant tomber dans le cliché. Il n'a pas hésité une seule seconde", raconte Blandine Berjot. Une idée soufflée par son époux, fervent défenseur des produits tricolores. Une aventure dont le coût est estimé entre 60 k€ et 100 k€.

Après une étude de marché de deux mois à l'automne 2012 pour connaître l'état de la concurrence, "nous nous sommes aperçus qu'aucune entreprise ne proposait une large gamme de vêtements français", souligne Blandine Berjot. Un créneau dans lequel les deux complices s'engouffrent. La marque Orijns est créée en avril 2013.

À la recherche des créateurs

Ils réalisent des prototypes avec des patrons de tailles différentes. Puis testent les graphiques et les couleurs auprès de leurs amis. Leur marque de vêtements commence à prendre forme, reste à trouver les fabricants français... En sillonnant le pays, le tandem n'a qu'une seule idée en tête: dénicher des brodeurs, façonniers ou tisseurs capables de ressusciter l'art du prêt-à-porter. Et, ils prennent conscience, au fil de leurs pérégrinations, du déclin du textile hexagonal. "J'ai eu un choc. Je ne pensais pas le maillage du territoire si mal en point", regrette Blandine Berjot.

Résultat de la désindustrialisation tricolore : le parcours d'assemblage d'une simple pièce est un casse-tête. "L'étoffe provient de Troyes et de Saône-et-Loire, les boutons du Jura et la signature (NDLR, bouche pour les femmes et moustache pour les hommes) de la région Rhône-Alpes", souligne la dirigeante. Mais l'objectif est aussi de "réhumaniser la production pour rassembler nos clients et nos fournisseurs autour des mêmes valeurs", ajoute-t-elle.

La gamme de vêtements, composée de 60 références, est en vente depuis juillet 2013 sur www.orijns.fr. "Les ventes ont décollé assez vite. Pour preuve, entre les mois d'octobre et de novembre, notre chiffre d'affaires est passé de 2 000 à 9 000 €", prend en exemple Blandine Berjot. La start-up s'offre même le luxe de tenir un stand sur le salon Made in France Expo, en novembre dernier, où elle reçoit un accueil chaleureux du public, prêt à payer le prix du "fabriqué en France". Ces derniers vont de 40 € en moyenne pour un tee-shirt à 110 € pour une chemise. Des tarifs liés aux coûts de production et à la qualité des matières premières. Mais, pour ne pas proposer des vêtements trop chers, les dirigeants ont fait le choix de pratiquer des marges assez basses, "en deçà de ce qui se pratique dans notre secteur d'activité", précise la dirigeante. À terme, la jeune entreprise voit l'avenir en grand. "Étoffer la gamme pour avoir un vrai catalogue, être présent sur des sites comme la Redoute, et ouvrir une boutique", s'enthousiasme Blandine Berjot.

Présentation du projet Orijns:


Repères :

- Activité : Commerce d'habillement et de chaussures

- Ville :Triel-sur-Seine (Yvelines)

- Dirigeants : Blandine Berjot, 36 ans et Bruno Louis, 45 ans

- Forme juridique : SAS

- Date de création : avril 2013

- Effectif : 2 personnes

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