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L'art de pitcher : retours d'expérience d'entrepreneurs

Publié par Marion Perroud le | Mis à jour le

Le 1er octobre 2013, Nicolas Arbogast, Valérie Vrignaud et Salim Bouabdallah se sont donnés le même objectif : séduire des business angels en deux minutes chrono, lors de l'IT Tuesday à Paris. Comment s'en sont-ils sortis ? Ils livrent leurs impressions et leurs techniques pour réussir leur pitch.

Plus de 300 porteurs de projets et entrepreneurs du numérique ont répondu présent à la soirée de l'IT Tuesday, organisée par la CCI Paris Ile-de-France, qui s'est tenue à la Bourse de commerce de Paris (Ier arr.), le 1er octobre 2013.

Le principe : enchaîner les speed meetings avec les business angels de 14 réseaux d'investisseurs (IT Angels, Femmes business angels, Cleantech BA...).

À chaque rencontre, les participants n'ont disposé que de deux minutes montre en main pour défendre leur projet ou leur entreprise et convaincre des investisseurs potentiels.

Un exercice exigeant auquel se sont pliés Valérie Vrignaud, cofondatrice d'Ocidé, Salim Bouabdallah, dirigeant d'Intelligence énergétique, et Nicolas Arbogast, à la tête de Weezic.

Préparation, argumentaire, difficultés, enseignements... Ils racontent comment se sont déroulés leurs pitchs et livrent leurs astuces et conseils pour faire la différence.

Nicolas Arbogast, cofondateur de Weezic

" Je me chronomètre pour respecter le timing "

À 29 ans, Nicolas Arbogast, cofondateur de Weezic, plateforme de partitions de musique augmentées, n'en est pas à son premier pitch face à des investisseurs. Des business angels, il en a déjà séduit au lancement de son entreprise en 2011.

Nicolas Arbogast

Deux ans après, il connaît bien les rouages de cet exercice qu'il considère toujours comme délicat. "Il faut aller à l'essentiel tout en s'adaptant à la personnalité et aux attentes de votre interlocuteur. Certains vous coupent dès la première phrase, d'autres ne s'intéressent qu'à un aspect précis de votre projet, d'autres encore se contentent seulement de prendre des notes sans même vous regarder."

C'est pourquoi il peaufine un maximum sa préparation orale. "L'entraînement, c'est la base. Selon le format du pitch, je répète plusieurs fois en me chronométrant pour respecter le timing imposé."

Lui s'est déplacé à l'IT Tuesday, car il est à la recherche de 300 k€ à 500 k€ pour l'amorçage commercial de son service auprès du grand public, des conservatoires et des écoles. Résultat : sur quatre investisseurs rencontrés, il a récolté trois cartes de visite. Une soirée sans fausse note pour le jeune entrepreneur.

Valérie Vrignaud, cofondatrice d'Ocidé

" S'appuyer sur des arguments concrets "

Valérie Vrignaud est presque une habituée de l'IT Tuesday. Déjà l'année dernière elle avait arpenté la grande salle de la Bourse de commerce parisienne à la recherche de business angels pour lancer son entreprise, encore à l'état de projet à l'époque.

Valérie Vrignaud

Un an plus tard, Odicé, sa société de box et de coffrets cadeaux pour enfants autour de l'univers du voyage, est désormais créée et le site internet opérationnel. Et cherche, avec ses quatre associés, à lever 100 k€ pour accélérer son développement.

"L'année dernière, nous avons ressenti que face à un projet comme le nôtre, les investisseurs voulaient attendre que l'activité soit lancée avant de miser dessus. Aujourd'hui, nous nous sommes appuyés sur des arguments plus concrets qui sont nos premiers résultats, à savoir le chiffre d'affaires, le nombre d'abonnés, les avis clients, les retours presse..."

L'entrepreneure a de même amené avec elle des flyers de présentation de l'offre, une tablette numérique avec des visuels de l'ensemble des box et l'un des produits commercialisés. Valérie en est persuadée, c'est en "pitchant que l'on devient un bon pitcheur" !

Salim Bouabdallah, dirigeant d'Intelligence énergétique

" Difficile d'être bon quand on est mal préparé "

Salim Bouabdallah

Depuis 2011, Salim Bouabdallah développe Intelligence énergétique, une société de conseil aux entreprises spécialisée dans l'optimisation des consommations énergétiques. Après quelques contrats et appels à projets remportés, il est désormais à la recherche de 200K à 300 K€ pour consolider sa trésorerie et entrer dans une phase plus active de prospection.

À l'issue de l'IT Tuesday, il dresse un bilan mitigé de ses entretiens avec les business angels. "Je n'ai pas l'impression de rentrer dans le type de profils qu'ils recherchent, regrette l'entrepreneur. Ils m'ont beaucoup coupé, ne se sont arrêtés qu'aux chiffres et aux résultats financiers."

L'entrepreneur reconnaît toutefois un manque d'entraînement. "Je suis surtout venu prendre la température, sans avoir peaufiné mon argumentaire comme j'ai pu le faire à d'autres occasions. Difficile d'être bon et percutant en deux minutes quand on est mal préparé."

Cette soirée l'aura au moins conforté dans l'un de ses choix : celui de nouer des partenariats avec des entreprises du secteur à l'offre complémentaire de la sienne, plutôt que de se rapprocher d'investisseurs "à la recherche de retours sur investissement immédiats".

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